Le secteur privé continue de perdre des emplois. Au 3ème trimestre 2018, 260 salariés de moins qu’il y a un an.

L’emploi en Nouvelle-Calédonie occupe 93 170 personnes dont 65 830 appartiennent au secteur privé, les services représentant plus de la moitié de l'emploi privé (33 176). Un tiers des salariés font partie du secteur public (27 340) qui marque le caractère fortement administré de l'emploi calédonien

Depuis 2015, le secteur privé stagne avec des secteurs en souffrance comme le BTP qui perd encore 3.5% de ses effectifs pour atteindre 6715 emplois (près de 1 000 emplois de perdus en 3 ans). A l’inverse le secteur public progresse à un rythme de 1% ou 2% par an à la faveur du secteur de la santé ou de la sécurité (ministère de l’intérieur ou de la défense), mobilisant toujours plus de dépense.

Entre 2016 et 2018 la baisse des effectifs du secteur privé démontre la mauvaise santé de l’économie calédonienne.  Le secteur public compense l’affaiblissement du secteur privé mais pour autant ne permet pas de conclure à une situation saine puisque le secteur non marchand n’est pas le plus créateur de richesses.

Evolution de l'emploi privé et public sur 10 ans glissant selon les données trimestrielles

 

Commentaire de l'expert

Le focus sectoriel :

Le secteur public depuis 15 ans s’est maintenu à un niveau constant de représentation de l’emploi total, soit 30%. Ce ratio est élevé, relativement aux normes de l’OCDE, montrant la présence d’une administration prédominante en Nouvelle-Calédonie. Même efficace, elle porte en elle une conséquence majeure celle de consommer, du fait de l’indexation, près de 20% du PIB calédonien (soit 200 milliards CFP). C’est autant de consommation qui fait fonctionner l’économie. Néanmoins des incidences importantes impactent le secteur privé comme la difficulté à concurrencer le secteur public sur les salaires (le salaire net médian du public est 89% plus élevé que celui du privé - source ISEE 2010), mais aussi sur la propension de secteur public à internaliser des fonctions support (marketing, communication, informatique, logistique etc..) lesquelles pourraient être assumées par les entreprises privées. L’efficience de notre secteur public reste à démontrer et l'évaluation des politiques publiques à devenir effective. Comme le rappelait Jean TIROLE notre dernier prix Nobel de l’économie, le secteur public n’a de vocation à se substituer au secteur privé que si cela coûte moins cher pour la collectivité et est plus efficace.

Date : 20/03/2018

Éric Dinahet
Chargé de l'économie et de la fiscalité

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