Le secteur privé continue de perdre des emplois. Au 3ème trimestre 2017, 260 salariés de moins qu’il y a un an.

L’emploi en Nouvelle-Calédonie occupe 92 639 personnes dont 65 672 appartiennent au secteur privé. Par conséquent près d’un tiers des salariés font partie du secteur public (26 967).

Depuis 2015, le secteur privé stagne avec des secteurs en souffrance comme le BTP (1 000 emplois de perdus en 3 ans). A l’inverse le secteur public progresse à un rythme de 1% ou 2% par an à la faveur du secteur de la santé ou de la sécurité (ministère de l’intérieur ou de la défense).

Entre 2016 et 2017 la baisse des effectifs du secteur privé démontre la mauvaise santé de l’économie calédonienne.  Le secteur public compense l’affaiblissement du secteur privé mais pour autant ne permet pas de conclure à une situation saine puisque le secteur non marchand n’est pas le plus créateur de richesses.

Evolution de l'emploi privé et public sur 10 ans glissant selon les données trimestrielles

 

Commentaire de l'expert

Le focus sectoriel :

Le secteur public depuis 15 ans s’est maintenu à un niveau constant de représentation de l’emploi total, soit 30%. Ce ratio est élevé, relativement aux normes de l’OCDE, montrant la présence d’une administration prédominante en Nouvelle-Calédonie. Même efficace, elle porte en elle une conséquence majeure celle de consommer, du fait de l’indexation, près de 20% du PIB calédonien (soit 200 milliards CFP). C’est autant de consommation qui fait fonctionner l’économie, mais avec néanmoins des incidences importantes sur le secteur privé qui peine à concurrencer le secteur public tant sur les salaires que sur les fonctions internalisées par les administrations (marketing, communication, informatique, logistique etc..). L’efficience de notre secteur public reste à démontrer. Comme le rappelait Jean TIROLE notre dernier prix Nobel de l’économie, le secteur public n’a de vocation à se substituer au secteur privé que si cela coûte moins cher pour la collectivité et est plus efficace.

Date : 20/03/2018

Éric Dinahet
Chargé de l'économie et de la fiscalité